« Clean beauty. » Le mot est partout — sur des flacons, des vitrines, des étiquettes de recherche. Il donne l'impression d'un standard : quelque chose qu'on obtient, qu'on prouve, qu'on peut retirer si on ne le mérite plus. Ce n'est pas le cas. Voici ce que ce mot recouvre réellement, et ce qu'il ne recouvre pas.
D'où vient le terme
L'expression « clean beauty » apparaît dans la cosmétique nord-américaine au tournant des années 2010, portée par une poignée de marques et de distributeurs qui en ont fait un rayon avant d'en faire un mot. Elle s'est généralisée en France depuis, reprise par la presse, les enseignes, puis par la plupart des marques du secteur — y compris la nôtre, qui doit donc être aussi précise que possible sur ce qu'elle entend par là.
Ce que cette histoire indique d'emblée : le terme n'a pas d'origine réglementaire. Il n'est né dans aucun texte de loi, dans aucune norme technique, dans aucun cahier des charges d'organisme certificateur. Il est né dans le commerce, comme argument de rayon — ce qui ne le rend pas malhonnête en soi, mais qui change tout sur ce qu'on est en droit d'en attendre.
Ce qu'il ne dit pas
Trois choses, précisément, que « clean » ne garantit pas.
Ce n'est pas une certification. Aucun organisme — ni en France, ni au niveau européen — ne délivre de label « clean beauty ». Il existe des certifications bien réelles pour le bio et le naturel (nous y reviendrons plus bas), avec des cahiers des charges publics et des numéros de certificat vérifiables. « Clean » n'en fait pas partie : n'importe quelle marque peut l'employer sans avoir à le démontrer devant personne.
Ce n'est pas un gage d'innocuité. L'idée sous-jacente — un ingrédient de synthèse serait par nature plus risqué qu'un ingrédient d'origine naturelle — ne correspond pas à la manière dont la toxicologie évalue un risque. Ce qui détermine un risque, c'est la dose et l'exposition, pas l'origine de la molécule. Une substance naturelle peut être irritante ou allergisante ; une substance de synthèse peut être parfaitement inerte à la concentration où elle est utilisée. Réduire la sécurité d'un produit à la question « naturel ou pas » revient à répondre à la mauvaise question.
Ce n'est pas une promesse d'efficacité. Rien dans l'usage du mot « clean » n'indique qu'un produit hydrate mieux, protège mieux ou dure plus longtemps qu'un autre. C'est un vocabulaire de positionnement, pas un vocabulaire de résultat.
Ce qui est réellement encadré en Europe
Deux textes, eux, encadrent réellement les cosmétiques vendus en France et en Europe — et aucun des deux ne mentionne « clean ».
Le règlement (UE) n° 1223/2009 définit ce qu'est un produit cosmétique et fixe les exigences de sécurité qui s'y appliquent : composition, évaluation de la sécurité, étiquetage, ingrédients interdits ou restreints. C'est ce texte qui trace la frontière entre un cosmétique et un médicament — un cosmétique agit sur les parties superficielles du corps, en vue de nettoyer, parfumer, protéger, maintenir en bon état ou corriger les odeurs corporelles ; dès qu'un produit est destiné à être ingéré, inhalé, injecté ou implanté, il sort de ce cadre.
Le règlement (UE) n° 655/2013 encadre, lui, ce qu'une marque a le droit d'affirmer sur une étiquette ou dans une publicité. Il fixe des critères communs — véracité, preuve, honnêteté, choix éclairé du consommateur — auxquels toute allégation cosmétique doit répondre. C'est ce texte qui rend certaines mentions courantes juridiquement fragiles, y compris quand elles semblent rassurantes en apparence.
Ni l'un ni l'autre ne définit, n'encadre ou ne mentionne « clean ». Une recherche professionnelle indépendante confirme ce constat : comme le résume la presse spécialisée, il n'existe à ce jour aucune définition ni réglementation pour encadrer ce terme.
Ce que nous en ferons
Chez Lys et Lavande, « propre » n'est pas un argument marketing : c'est une méthode de travail. Deux engagements concrets en découlent.
Toute mention de certification que nous emploierons renverra à un numéro de certificat vérifiable auprès de l'organisme qui l'a délivré — jamais une évocation vague de « bio » ou de « certifié » sans preuve consultable.
Toute affirmation que nous publierons portera sa source. Si nous écrivons un fait, vous devez pouvoir remonter jusqu'à d'où il vient. C'est une contrainte que nous nous imposons précisément parce que le mot « clean », à lui seul, n'oblige à rien.
Ce qu'on publiera, et ce qu'on ne dira jamais
Nous publierons nos sources — y compris quand elles nuancent nos propres arguments — et nos incertitudes, quand une question n'a pas de réponse établie.
Nous ne dirons jamais qu'un ingrédient est dangereux sans preuve à l'appui, et nous ne laisserons jamais entendre qu'une marque tierce trompe ses clients. Ce n'est pas notre rôle, et ce n'est pas notre méthode.
« Clean » restera, pour nous, un mot d'usage courant — pratique pour se faire comprendre — jamais un argument de vente en soi. Ce qui compte, ce n'est pas le mot qu'on lit sur le flacon. C'est ce qu'on peut vous montrer derrière.
Sources : règlement (UE) n° 1223/2009, article 2 (définition et champ d'application des produits cosmétiques), texte consolidé, EUR-Lex, consulté le 9 août 2026. Règlement (UE) n° 655/2013 (critères communs pour la justification des allégations relatives aux produits cosmétiques). FashionNetwork, « La clean beauty, ce concept flou et non réglementé qui révolutionne la cosmétique », consulté le 9 août 2026.